Dans le cadre du Projet Réseau en Agroécologie pour Promouvoir la Durabilité des Systèmes Alimentaires en Afrique de l’Ouest et du Centre (RADIUS), l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) a mené une mission stratégique majeure du 02 au 30 mars 2026. Cette initiative marque un tournant décisif pour la cartographie des savoirs endogènes et la structuration du secteur agricole ivoirien.
Portant sur le thème « Consultation nationale pour la mise en place d’une plateforme nationale en agroécologie et la caractérisation des systèmes semenciers traditionnels en Côte d’Ivoire », cette mission terrain s’est déployée à travers plusieurs localités clés : Abidjan, Agboville, Yamoussoukro, Bouaflé, Korhogo et Ferkessédougou
Des objectifs ancrés dans la résilience agricole
Conduite avec une approche participative et inclusive , la mission s’est fixée pour objectif global de contribuer à la résilience et à la durabilité des systèmes agricoles ivoiriens par la valorisation de l’agroécologie et la sauvegarde des semences locales.
Pour ce faire, les équipes ont travaillé sur plusieurs axes spécifiques :
- La pose des jalons pour la création d’une plateforme nationale d’échange de connaissances en agroécologie.
- L’identification et la documentation des initiatives agroécologiques existantes.
- La cartographie et l’analyse des systèmes semenciers traditionnels.
- La sensibilisation des acteurs à la richesse et à l’importance des semences locales.
Une mobilisation multi-acteurs d’envergure

Le succès de cette mission repose sur l’implication d’un écosystème diversifié (institutions publiques, instituts de recherche, ONG, entreprises privées et organisations paysannes). Au total, 122 professionnels et producteurs ont activement pris part aux sessions d’échanges.
Zoom sur la participation :
- Diversité des profils : Une forte adhésion des organisations de producteurs qui ont représenté le plus grand vivier de participants avec 62 personnes (dont 29% de femmes et 30% de jeunes).
- Inclusivité : Les rencontres globales ont enregistré une participation de 80% d’hommes et 20% de femmes.
- Partenaires clés consultés : Des séances de travail stratégiques ont été tenues avec des structures de premier plan telles que la DSEPA et la DPMTA du MINADERPV, l’ANADER, l’ICRAF, le LANASEM de l’INPHB, ainsi que des ONG de référence comme NITIDAE et AVSF.
Principaux résultats et avancées majeures
La mission a permis de récolter des données précieuses et d’enclencher une véritable dynamique de concertation nationale.
Les victoires de la mission
Collecte de matériel biologique : De nombreux échantillons de semences paysannes traditionnelles ont été collectés en vue d’essais de caractérisation et d’analyses en laboratoire (mil, sorgho, gombo africain, arachide, piment, riz, voandzou, néré, oseille de Guinée, maïs, aubergine) .
Engagement du secteur semencier : Des échanges constructifs avec le Laboratoire National d’Analyse de Semences (LANASEM) ont mis en lumière la nécessité d’intensifier le contrôle qualité des semences paysannes, un segment encore sous-analysé.

Vers l’horizon 2027 : Une forte adhésion a été manifestée par l’ensemble des acteurs pour participer activement au grand Atelier National sur l’Agroécologie prévu en 2027.
Les producteurs ont exprimé une volonté ferme d’utiliser et de valoriser les semences locales, y voyant un gage de souveraineté alimentaire et d’adaptation aux changements climatiques.
A l’avenir
Bien que la mission ait révélé un fort engouement , elle a également mis en exergue des défis structurels : l’hétérogénéité de la compréhension des enjeux par les producteurs , le risque d’abandon des pratiques à la fin des financements de projets et l’absence de marchés structurés dédiés aux produits agroécologiques.
Pour pérenniser ces acquis, la feuille de route du projet RADIUS préconise de :
- Formaliser rapidement la plateforme nationale sur l’agroécologie.
- Déployer un système de base de données centralisé pour le partage des connaissances.
- Renforcer de manière continue les capacités des acteurs sur la gestion des semences locales.
- Développer un mécanisme robuste de traçabilité des semences.
L’Université Félix Houphouët-Boigny et le réseau RADIUS remercient chaleureusement l’ensemble des partenaires institutionnels, des ONG et des communautés rurales pour leur accueil et leur contribution inestimable à la co-construction de l’agriculture de demain.
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