
Abidjan, mars 2026 – Dans le cadre du projet RADiUS (Réseau en Agroécologie pour la Durabilité des Systèmes Alimentaires en Afrique de l’Ouest et du Centre), une mission de consultation nationale a été conduite en Côte d’Ivoire du 02 au 30 mars 2026. Cette initiative, portée par l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB), vise à structurer une dynamique nationale autour de l’agroécologie et des systèmes semenciers traditionnels.
Une mission multisectorielle sur le terrain
Déployée dans plusieurs localités du pays, notamment dans le grand Abidjan, Agboville, Yamoussoukro, Bouaflé, Korhogo et Ferkessédougou, la mission a adopté une approche participative impliquant institutions publiques, centres de recherche, ONG, entreprises agricoles et organisations de producteurs.
Au total, 122 acteurs ont été mobilisés au cours des différentes rencontres, avec une forte représentation des organisations paysannes, des jeunes et des acteurs du monde rural.
Vers une plateforme nationale d’agroécologie
L’objectif principal de cette consultation est de contribuer à la mise en place d’une plateforme nationale de connaissances en agroécologie, tout en documentant les initiatives existantes et en caractérisant les systèmes semenciers traditionnels.
Les équipes de recherche ont procédé à :
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- la collecte d’informations sur les pratiques agroécologiques,
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- l’identification des acteurs du secteur,
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- la cartographie des systèmes semenciers locaux,
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- et la collecte d’échantillons de semences traditionnelles pour analyse en laboratoire.
Les semences concernées incluent notamment le mil, le sorgho, le maïs, le riz, le gombo africain, le piment, le néré et le voandzou.
Des échanges riches entre acteurs
La mission a permis des échanges directs avec plusieurs structures clés, dont des services du ministère de l’Agriculture, des institutions de recherche, des ONG spécialisées telles que NITIDAE et AVSF, ainsi que des entreprises semencières et des coopératives agricoles.
Ces interactions ont mis en évidence une forte volonté des acteurs de promouvoir les semences locales et de renforcer les pratiques agroécologiques, malgré certaines contraintes structurelles.
Malgré l’enthousiasme observé, plusieurs défis ont été relevés, notamment :
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- la faible harmonisation des connaissances sur l’agroécologie,
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- la difficulté de pérennisation des initiatives après les projets,
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- et l’absence de marchés structurés pour les produits agroécologiques.
Les acteurs consultés recommandent :
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- l’extension de la mission à d’autres zones agroécologiques du pays,
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- la formalisation d’une plateforme nationale dédiée,
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- la mise en place d’une base de données centralisée,
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- le renforcement des capacités des producteurs,
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- et le développement d’un système de traçabilité des semences.
Une dynamique nationale en construction
Cette mission marque une étape importante dans la structuration de l’agroécologie en Côte d’Ivoire. Elle ouvre la voie à une meilleure coordination entre les acteurs du secteur agricole, en vue d’une transition vers des systèmes alimentaires plus durables et résilients.
Le projet RADiUS ambitionne ainsi de positionner la Côte d’Ivoire comme un acteur clé de la transformation agroécologique en Afrique de l’Ouest et du Centre.